Romans

Mardi 27 mars 2012 2 27 /03 /Mars /2012 15:35

Dans les geôles du palais de l'Empereur Norotar, Thergill se leva quand il entendit des pas et sourit en reconnaissant le garde qui venait d’arriver. Celui-ci lui tendit une gamelle contenant un quignon de pain à moitié rassis et un pichet d’eau ébréché.
– Tenez, Majesté, votre repas. Désolé de n'avoir que du pain sec et de l'eau à vous donner, mais l'on m'a ordonné de ne vous accorder aucun traitement de faveur.
Le roi se jeta avec avidité sur cette eau qui était une bénédiction pour ses lèvres et sa gorge desséchées par la soif, si brûlantes qu’il ne put exprimer sa gratitude que par un souffle rauque et un regard éloquent.
– Merci, Albéric, répondit le roi Thergill, retrouvant l’usage de la parole à présent qu’il s’était désaltéré. Ce pain et cette eau me conviennent autant que toute la viande que tu pourrais m'offrir. C'est la seule nourriture que l'on me donne depuis plusieurs jours que je suis ici.
– Je dois obéir aux ordres, Majesté, mais si vous avez besoin de quoi que ce soit, demandez-le moi, et je ferai mon possible pour vous rendre service. Moi aussi j'aimerais rejoindre les rangs des Révolutionnaires.
– Mais tu le peux, mon bon Albéric. Débrouille-toi pour m’apporter du papier et une plume. Je vais te rédiger une lettre de recommandation, ainsi que quelques instructions qui te seront indispensables. Brûle-les dès que tu les auras apprises par cœur. Ensuite tu te rendras à l’adresse que je t’indiquerai en disant que tu viens de ma part. Le mot de passe est...
Le roi de Demetra murmura quelques mots à l'oreille d'Albéric.
– Ne le répète à personne !
– Je le jure.
– Va, Albéric, et en mon absence, prends la tête de la Révolution ! Si quelqu’un émet une objection, montre-lui ceci.
Le roi retira sa chevalière et la déposa au creux de la main d’Albéric.
– Bonne chance !
– Adieu, Majesté. Et que vive la Révolution !
Albéric fit le signe des Révolutionnaires. Le roi Thergill répondit par le même geste et le pressa de partir.

Par Chloé Boffy - Publié dans : Romans - Communauté : L'univers Magique..
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Dimanche 4 mars 2012 7 04 /03 /Mars /2012 09:56

Autrefois, il y a de cela plusieurs siècles maintenant, un puissant sorcier, passionné d’alchimie, recherchait comme nombre de ses confrères le secret de la pierre philosophale, et fit une découverte étonnante. Il découvrit non pas le secret pour changer le plomb en or, mais d’autres pierres aux propriétés surprenantes. Certaines pouvaient contrôler les éléments, d’autres étaient capables de créer la vie. Durant plusieurs années, il les étudia, apprit à les maîtriser. À la fin de sa vie, il avait rédigé plusieurs volumes sur ces pierres qu’il avait baptisées « pierres de Jaspe », qu’on appelle aussi plus simplement les Jaspes. Ces ouvrages auraient dû être transmis à ses descendants dans le plus grand secret. Malheureusement, certains d’entre eux ont été volés et se sont retrouvés on ne sait comment entre les mains de l’empereur. Celui-ci a convoqué le sorcier et lui a ordonné, sous peine de mort, de lui livrer ses secrets et ses pierres. Le sorcier refusa et fut exécuté. L’empereur fit fouiller son château et soumettre sa femme et sa famille à la question. Il fit incendier ses terres, mettre le feu dans les villages. Après des années de guerre, de carnage et de destruction, l’empereur et ses hommes parvinrent à s’emparer des Jaspes, spoliant la descendance du sorcier de son héritage. Depuis, les alchimistes engagés par l’empereur ont réussi à contrôler les pouvoirs des pierres de Jaspe, sans pour autant avoir pu percer tous leurs secrets. Vous vous demandez où je veux en venir, (...), je le vois dans vos yeux. Ce sorcier était mon ancêtre, Jasper (...).

Par Chloé Boffy - Publié dans : Romans - Communauté : L'univers Magique..
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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 16:01

Début du chapitre 3

 

Rosalina frappa à la porte du château de Vaneng. Le garde qui lui ouvrit la détailla des pieds à la tête. La princesse se présenta et le garde lui fit signe de le suivre. Il n'avait pas l'air très sympathique mais cela n'avait rien d'étonnant quand on vivait dans un endroit aussi désolé. Le château de Vaneng était aussi sombre à l'intérieur qu'à l'extérieur. À peine quelques torches enflammées éclairaient-elles les couloirs étroits et sentant le renfermé. Rosalina ne put réprimer un léger frisson en voyant un rat se faufiler entre leurs pieds et serra un peu plus fort la main de Cédric. Quelques minutes plus tôt, le jeune garçon avait demandé à la princesse de lui décrire le paysage mais celle-ci lui avait répondu que cela n'en valait pas la peine. Aussi la suivait-il en silence.

Le garde poussa une porte un peu plus haute que les autres et les trois amis se retrouvèrent dans une pièce qui contrastait avec le reste du château par sa grandeur et sa luminosité. Un grand homme maigre aux cheveux blond foncé ondulés lui arrivant aux épaules s’approcha d’eux.

_ Maître, la princesse Rosalina de Demetra, fille de Thergill, demande à vous voir, annonça le garde.

_ Faites-la entrer. Mes hommages, princesse, dit le maître des lieux en s'inclinant. Mon nom est Louis Decally. Votre père m'a confié Vaneng, dont je suis l'Intendant. J'agis sous ses ordres et lui suis fidèle depuis des années. J'ai été désolé d'apprendre son arrestation. Vous êtes chez vous dans ce château et pouvez y rester aussi longtemps que vous le désirez. Cependant, évitez de vous aventurer dans les régions les plus reculées de Vaneng. Certains de ses habitants sont toujours en faveur du Seigneur Morgad et ne verraient pas d'un très bon œil l'intrusion d'une princesse de Demetra sur leurs terres.

_ C'est justement à cause de Morgad que mes compagnons et moi sommes ici. Il a essayé de me tuer. J'ignore encore pourquoi mais je suis ici pour le découvrir. Puis-je consulter votre bibliothèque ?

_ Mais bien sûr! Tout ce qui est ici est à votre entière disposition. Je vais vous y conduire moi-même, suivez-moi.

Faucon s'agrippa à l’épaule de la princesse dès qu'il la sentit bouger et Thomas leur emboîta le pas, la main sur le pommeau de son épée. Louis leur fit monter plusieurs escaliers en colimaçon. Dans certains d'entre eux, l'air était irrespirable, lourd et chargé de poussière.

_ Je suis navré de ces désagréments, princesse. Morgad et ses gens ne devaient pas être très portés sur l'entretien du château et la moisissure s'installe par endroits. Malgré tout, depuis cinq ans que je vis ici, je m'y suis presque habitué. Ah, voilà! Nous y sommes. Après vous, princesse. Et si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à le demander. Je reçois rarement d'aussi charmantes visites à Vaneng.

Rosalina poussa un soupir quand Louis les laissa enfin seuls. Faucon relâcha son étreinte et chercha à tâtons un fauteuil où s'asseoir. Thomas, les poings sur les hanches, regardait autour de lui et parut vivement intéressé par les lampes qui brillaient sans bougies. Il s'approcha de l'une d'entre elles pour l'observer de plus près. Délicatement, il enleva le globe de verre qui la recouvrait et ce qu'il vit le surprit. Des espèces de boules de feu miniatures s'agitaient dans tous les sens. Rosalina fut alertée par le cri de surprise de Thomas.

_ Monsieur Guisborne! Remettez immédiatement le globe à sa place!

Thomas s'exécuta sans rechigner, juste à temps pour éviter que les boules de feu ne s'échappent à travers la pièce.

_ Je te prie de ne plus toucher à rien, Thomas.

_ Mais je n'avais encore jamais vu pareilles lampes.

_ Il y a les mêmes au château de Demetra. Cela m'étonne que tu ne l’aies pas remarqué.

_ Mais comment fonctionnent-elles?

_ Je l'ignore. C'est un procédé alchimique très complexe que je ne saurais t'expliquer. Maintenant, aide-moi et cherche dans les anciens almanachs de Vaneng si tu trouves des renseignements sur Morgad.

Par Chloé Boffy - Publié dans : Romans - Communauté : L'univers Magique..
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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 13:40

Début du chapitre 2

 

Comme tous les jeunes de son âge, Thomas Guisborne désirait ardemment des pierres de Jaspe qui apportaient à qui les possédaient force et puissance.

Thomas avait dix-neuf ans et vivait dans le village de Ruistla. Fils de paysans, il rêvait de quitter la vie de la campagne et de devenir un héros. Il avait un tempérament fougueux et par conséquent, le travail à la ferme et la culture des champs ne lui convenaient pas du tout. La plupart du temps, pendant que ses anciens compagnons de jeu s'épuisaient à labourer, il restait perché dans un arbre, à lire des romans d'aventures ou à inventer les siennes. Un chevalier de passage à l'auberge de Ruistla lui avait enseigné le maniement des armes, et souvent, quand ses parents étaient couchés, il s'enfuyait dans la forêt et s’entraînait en se battant contre des ennemis imaginaires.

M. Guisborne désapprouvait les ambitions de son fils. Pour lui, un fils de paysans devait devenir paysan lui-même et travailler la terre pour nourrir sa famille. Thomas ne souhaitait rien de tout cela, ni ferme, ni famille.

Aussi, une nuit, alors que ses parents étaient profondément endormis, Thomas décida de partir.

Il rassembla quelques affaires et descendit à la cuisine. Les marches de l'escalier grinçaient et Thomas eut peur que le bruit ne réveille ses parents. Il resta immobile quelques secondes, l'oreille tendue, retenant sa respiration. Comme rien ne bougeait, il poussa un discret soupir de soulagement et ouvrit la porte du garde-manger afin d'y prendre quelques provisions. Cela fait, il se rendit aux écuries mais changea d'avis en chemin. Leurs chevaux n'étaient que des bêtes de trait et son père en aurait besoin pour labourer. Malgré tout, Thomas aimait ses parents et ne voulait leur causer aucun tort.

Quand il arriva à l'orée du bois, il se retourna et regarda une dernière fois la maison de son enfance.

- Adieu, père et mère, murmura-t-il.

Et il s'enfonça dans la forêt profonde.

 

Thomas marcha longtemps, s'arrêtant de temps en temps pour manger un morceau et se reposer. Mais il ne dormit pas avant la nuit suivante, et encore, pas très longtemps. Il voulait s'éloigner le plus possible de son village au cas où ses parents se lanceraient à sa recherche. Ses pas le menèrent à un petit lac dans lequel se mirait le clair de lune. Thomas y plongeait ses mains en coupe, car il avait très soif, quand il aperçut le reflet d'une silhouette qui s'approchait. Il se retourna et vit une fille d'à peu près son âge. Elle était plutôt grande, très sale, et elle sentait mauvais. Ses cheveux devaient être blonds mais on le devinait difficilement tant ils étaient emmêlés et couverts de terre et de brindilles. Sans doute une fille de brigands. Sa main se referma sur la poignée de son épée, tandis que l’autre serrait la bourse contenant les quelques pièces qu’il avait emportées.

- S'il vous plaît, dit-elle, voudriez-vous vous retourner que je puisse me laver?

Thomas s'éloigna de quelques mètres et regarda dans la direction opposée pendant qu'elle se déshabillait et se baignait dans le lac. Au bout de ce qui parut une heure au jeune homme, elle sortit de l'eau et remit ses vêtements. Thomas put alors constater que maintenant qu'elle était propre, la jeune fille était presque jolie. Elle était élancée et avait un visage agréable, bien qu'une de ses joues fût barrée d'une grande cicatrice.

Par Chloé Boffy - Publié dans : Romans - Communauté : L'univers Magique..
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 15:32

La flamme d’une bougie enfoncée dans le goulot d’une bouteille vacillait au centre de la table, projetant des ombres étranges sur les murs. La réunion s’était éternisée. La plupart des participants étaient partis. Ne restaient que Thergill, Albéric, Joyce, et Rosalina assoupie sur une chaise, le coude posé sur le dossier, sa main pendant dans le vide. Plongés dans une intense discussion, Joyce et les deux hommes n’avaient pas vu l’heure tourner, pas plus qu’ils n’avaient vu la bougie diminuer et la cire couler sur la table, où elle s’était figée en un petit amas blanchâtre. Rosalina bougea légèrement dans son sommeil. Le bruit attira l’attention de Thergill, qui se leva pour réajuster la couverture sur les épaules de sa fille, avant de retourner s’asseoir à table. Cette brève interruption avait un peu calmé les esprits. Du bout de l’ongle, Joyce grattait la cire sur le bois noueux.
    _ J’avais placé tous mes espoirs dans ce projet de loi, dit-elle amèrement. Qu’allons-nous faire à présent ?
    Les sourcils froncés, Albéric croisa les bras et fixa la flamme de la bougie, l’air soucieux. Plus personne ne parlait. On n’entendait que les ronflements légers de Rosalina et d’Azar à ses pieds.
    _ Il y aurait peut-être une solution pour que notre camp l’emporte sans avoir recours à la violence, intervint Thergill en caressant sa barbe d’un air songeur.
    _ Laquelle ?
    _ Norotar doit abdiquer en faveur de son fils. Qu’en penses-tu, Joyce ?
    _ Que Père a assez confiance en Roderig, et moi, sans me vanter, assez d’influence sur mon frère pour que ce plan fonctionne. Je peux facilement convaincre Roderig d’en parler à l’empereur. Père vieillit et est impatient de voir mon frère lui succéder. Je ne vois aucune raison pour qu’il refuse.
    _ Cela mérite une nouvelle tournée, se réjouit Thergill en débouchant un fût.
    Le visage de Joyce s’éclairait, elle sentait la victoire proche. Elle entrechoqua joyeusement sa choppe remplie d’une bière mousseuse avec celles d’Albéric et Thergill. « À nous, » songea-t-elle, « et à la Révolution ».

Par Chloé Boffy - Publié dans : Romans - Communauté : L'univers Magique..
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